J'ai cousu sur ma peau mille et une plumes noires, soutenues par de longues lanières de perles larmes. Épinglées sur le sein nu, des broches savantes tenant ma culotte de velours mordoré, qui n'est pas sans rappeler les fourrures de bison jetées du sol au plafond et retombantes sur le fauteuil en cuir d'autruche noir, le divan en croco, le sofa en taffetas et la table d'acier poli où se brisent les flûtes de cristal, qui contenaient l'absinthe distillée dans les crânes de corbeau - Je suis une nonne voilée par un cachemire de linceul.
D'en dessous ma tunique de velours, j'ai déguisé vingt et une lames aiguisées, qui pénètrent la chair de ma cuisse, tel un cilice dictateur. Je sens comme une douce tyrannie qui fait perler mon sang.
J'ai collé sur mon dos, un chat à neuf queues, qui s'étire et s'agrippe. Il chatouille, il flagelle, il lèche. Ma tête, de douleur, s'articule en un axe circulaire, se détache, se découpe, roule, suivant les courbes des dômes luisants où tous les temps et tous les univers informels y sont peints de travers.
Je joue du piano et j'y blâme l'amour, j'y loue le désir, j'y maudis les heureux, j'y bénis les martyrs. Je réinvente la conception fidèle d'un amour éternel à découvrir, à venir, à revenir, et à revivre. Ceci fait peur, tout n'est que peur, l'amour n'est qu'une peur. Le chat revient, il se sent nouer.
Par la fenêtre j'aperçois les minarets en tuiles de sang : ruines de souffrances humaines qui résonnent comme les hurlements de folie de mon hospice lugubre. Se réveillent sous mes pieds habillés de sandales japonaises en cuir de baleine, des odeurs fines de guillotinés, de lapidés, d'écorchés, de torturés, provenant des caniveaux où cette mêlée bouillonne comme une soupe distillée dans les égouts de la ville aux astres ardents.
Je tape sur le piano. Mon sang s'énerve dans mes veines. Je me frappe le dos, le chat miaule en crescendo. Cela m'amuse un instant jusqu'à ce que la douleur devienne insoutenable. Je m'élance dans la pièce et je heurte les meubles aux sculptures baroques. Je me brise les os. Il faut que j'arrache ces plumes, tout, les bijoux, les étoffes, les larmes, et le chats à neuf queues fixé sur mon dos brûlant de sang et de sueur. Toute cette vanité, il faut la condamner, l'assassiner, l'étouffer, l'empoisonner. Cette vanité amoureuse n'est qu'un gouffre béant, ce gouffre qui est mon coeur, il faut l'arracher et l'ingurgiter.
L'amour se meurt de vanité, il faut lui donner à manger, ça le calmera.
D'en dessous ma tunique de velours, j'ai déguisé vingt et une lames aiguisées, qui pénètrent la chair de ma cuisse, tel un cilice dictateur. Je sens comme une douce tyrannie qui fait perler mon sang.
J'ai collé sur mon dos, un chat à neuf queues, qui s'étire et s'agrippe. Il chatouille, il flagelle, il lèche. Ma tête, de douleur, s'articule en un axe circulaire, se détache, se découpe, roule, suivant les courbes des dômes luisants où tous les temps et tous les univers informels y sont peints de travers.
Je joue du piano et j'y blâme l'amour, j'y loue le désir, j'y maudis les heureux, j'y bénis les martyrs. Je réinvente la conception fidèle d'un amour éternel à découvrir, à venir, à revenir, et à revivre. Ceci fait peur, tout n'est que peur, l'amour n'est qu'une peur. Le chat revient, il se sent nouer.
Par la fenêtre j'aperçois les minarets en tuiles de sang : ruines de souffrances humaines qui résonnent comme les hurlements de folie de mon hospice lugubre. Se réveillent sous mes pieds habillés de sandales japonaises en cuir de baleine, des odeurs fines de guillotinés, de lapidés, d'écorchés, de torturés, provenant des caniveaux où cette mêlée bouillonne comme une soupe distillée dans les égouts de la ville aux astres ardents.
Je tape sur le piano. Mon sang s'énerve dans mes veines. Je me frappe le dos, le chat miaule en crescendo. Cela m'amuse un instant jusqu'à ce que la douleur devienne insoutenable. Je m'élance dans la pièce et je heurte les meubles aux sculptures baroques. Je me brise les os. Il faut que j'arrache ces plumes, tout, les bijoux, les étoffes, les larmes, et le chats à neuf queues fixé sur mon dos brûlant de sang et de sueur. Toute cette vanité, il faut la condamner, l'assassiner, l'étouffer, l'empoisonner. Cette vanité amoureuse n'est qu'un gouffre béant, ce gouffre qui est mon coeur, il faut l'arracher et l'ingurgiter.
L'amour se meurt de vanité, il faut lui donner à manger, ça le calmera.
Stanislas










